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Le Pont de Sainte Aubierge


vendredi 26 septembre 2008, par Philippe Laneres

Extrait de "Rondes et chants du pays briard" de Pierre-Louis Menon

Histoire

C’est le lundi de Pâques que se déroule dans la vallée de l’Aubetin, au lieu dit Sainte Aubierge, sur la commune de Saint-Augustin près de Coulommiers, un grand pèlerinage annuel. Une modeste chapelle est érigée en ce lieu et une fraîche source y coule qui dès une haute antiquité, ainsi que semble en témoigner le menhir de Beautheil érigé non loin de là, devait être l’objet de dévotions rituelles donnant lieu à de grandes cérémonies printanières. Ces fêtes païennes célébraient déjà la divinité de la source aux eaux bienfaisan­tes ; puis le Christianisme substitua plus tard au dieu topique. Sainte Au­bierge, une abbesse de Faremoutiers.

Le pèlerinage à la source s’est maintenu vivace jusqu’à nos jours. Il est particulièrement réservé aux jeunes filles à marier, auxquelles il suffit de boire l’eau de la fraîche fontaine, sans se servir d’un bol ou d’un gobelet, puis de passer sous un pont de feuillage qui supporte la châsse de la Sainte, en faisant avec le doigt une croix sur le sol, pour trouver dans l’année un marieu.

Le pèlerinage, qui dure deux jours pleins, se déroule dans un site non ha­bité. Des baraques foraines y sont installées, acrobates et jongleurs amusent la foule. Les traditionnels mendiants sont là pour demander la charité. Les pèlerins, surtout les jeunes filles, boivent l’eau de la source et tout le monde mange les « tortiots » (crêpes), puis l’on s’en va sur l’herbe danser le « Branle de Sainte Aubierge ».

Tel qu’il est donné ci-dessus, le texte, celui que chantaient en dansant les groupes folkloriques des « Cousins de septembre » à Crécy-en-Brie, les grou­pes de Chambry et de Guérard, n’est cependant pas le véritable texte briard. En effet, le briard, qui n’a pas de conjugaisons compliquées, confond « je » et « nous » et dit : « j’avions, j’étions, j’courons, j’courins » pour : nous avions, nous étions, nous courons, nous courions. Il est cependant à remar­quer que « nous » complément conserve sa forme et l’on dit : « je nous revouërons » pour nous nous reverrons.

Le verbe aller fait je vas à l’indicatif présent au lieu de je vais, j’allons au lieu de nous allons, nous irons se dit donc : « j’irons ». Nous donnons ici le texte du second couplet de cette danse tel que nous l’avons recueilli :

II est à remarquer qu’un seul vers, le quatrième, change au cours des reprises .successives. Nous en donnons ici le texte original et, entre parenthè­ses, la version qu’adoptèrent nos jeunes danseurs autour des années 1935-1939. Il faut reconnaître que la difficulté d’une traduction, mot à mot, fait que parfois ce dernier est assez loin du texte original.

Description

Tous les « Quand » au début des vers marquent le départ d’une figure et doivent en chantant être très accentués. Sur les 2 premiers vers, ronde sur la gauche, hommes (•) et femmes (0) alternés. Sur les 2 vers suivants, le me­neur se rabat sur la danseuse à sa droite,, la ronde s’aplatit sur 2 lignes pa­rallèles : danseurs et danseuses se donnent un baiser. Sur le refrain, dan­seurs et danseuses s’écartent en marche arrière, se faisant toujours vis à vis (Fig. 1).

Au deuxième couplet sur les 2 premiers vers, les cavaliers vont vers les dames en piaffant, levant haut le genou jusqu’à l’équerre, imitant la marche du cheval. Sur les 2 vers qui suivent, les cavaliers tournent avec leurs dames, un seul tour, mains droites prises au poignet. Sur le refrain, les danseurs reculent à leur place primitive, les dames restent à la leur pendant toute la figure (Fig. II) rythmant avec leurs pieds leurs chants.

Sur les 2 premiers vers, le meneur s’avance à mi-chemin entre les 2 ran­gées de danseurs imitant toujours la marche du cheval, pendant que sa dan­seuse s’avance de son côté à petits pas en tenant ses jupons et « hancho-yant ». Rencontre, puis recul jusqu’à la place primitive de chacun. Sur les 2 vers qui suivent, même mouvement : rencontre, échange de baisers sans recu­ler. Sur le refrain un demi-tour, mains droites prises réciproquement aux poignets, puis arrêt en formant une « arche du pont » ; les 2 danseurs élevant bien haut leurs mains jointes tout en continuant à frapper des pieds en ca­dence ainsi que tous les danseurs le font depuis le début de la figure (Fig. III).

Même mouvement que le précédent, mais après le demi-tour sur lui-même , le deuxième couple passe sous l’arche formée par le premier couple dessi­nant à la sortie une arche de plus et ainsi de suite jusqu’à l’épuisement des danseurs. A chaque passage les « arches du pont » avancent pour regagner la place perdue. Le rythme du refrain se ralentit au fur et à mesure pour don­ner le temps aux danseurs de passer sous les arches. (Fig. IV).

Le pont s’abat après le passage du dernier couple, les danseurs et danseu­ses se prennent les mains pour former une nouvelle ronde et la danse recom­mence : Le « meneur » sera le cavalier du couple suivant qui se rabattra sur la dame de droite, etc..., etc...

Remarquons que l’attitude des danseurs hommes, qui figurent par leurs gestes à la fois le cavalier et le cheval piaffant, semble indiquer que cette danse a vu le jour à une époque où le cheval était en haute estime, peut-être à cause de sa domestication récente, peut-être aussi à cause du culte qu’on lui rendait alors. En outre, la période printanière choisie pour cette manifesta­tion, semble confirmer un rite du renouveau (cheval-soleil) certainement anté­rieur au Christianisme, puisque Sainte Aubierge, sous la protection de laquel­le se place aujourd’hui ce pèlerinage, n’est célébrée, dans le diocèse de Meaux, ’ que le 7 juillet en pleine saison d’été, entre les foins et les moissons.

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